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Boury-en-Vexin

La mémoire de la commune

Boury-en-Vexin est une commune française située dans le département de l'Oise, en région Hauts-de-France.

Au fil de l’histoire

L'histoire de Boury est riche en événements et en vestiges du passé. Son peuplement remonte au temps les plus anciens. La fréquentation du site depuis le Néolithique (5000 à 3000 av. J.-C.) est attestée par la découverte en de nombreux endroits d'outils en pierre taillée ou polie (couteaux à moissonner, haches, grattoirs, pointes, perçoirs). La présence dans les terres cultivées de nombreux débris de silex fait supposer qu'il y avait plusieurs sites du travail de la pierre, l'un au nord du village sur les Groux, l'autre au sud sur le plateau entre Parnes et Boury.

En 57 av. J.-C., César entreprend la conquête des Gaules et, après avoir vaincu Vercingétorix à Alésia, bat Coréus, chef des tribus gauloises bellovaques et véliocasses, à Clermont, en 51 av. J.-C. Ces tribus habitaient Boury. Le pays des Véliocasses faisait partie, à l'arrivée de Jules César, de la Gaule belgique et s'étendait au-delà de Rotomagus le long de la Seine, dont cette dernière ville était la capitale. Auguste, successeur de Jules César, divise les Gaules en plusieurs provinces romaines et le pays des Veliocasses est intégré dans la Seconde Lyonnaise avec Rouen pour métropole. La paix romaine marque d'une empreinte définitive les débuts de notre civilisation : la romanisation a pénétré en douceur la société gauloise, lui apportant des améliorations mais bénéficiant en retour d'une bonne exploitation du territoire et de ses ressources, en particulier agriculture et élevage qui étaient plus performants en Gaule qu'en Italie. Elle conduit à un habitat dispersé. Plusieurs villas gallo-romaines, exploitations agricoles vivant plus ou moins en autarcie, se répartirent alors sur le territoire de Boury. Les tuiles épaisses à gros rebord, les débris de poterie qui parsèment les terres à l'endroit où se dressaient les bâtiments en sont la preuve. Les emplacements sont nombreux aux lieux-dits le Bois Cordonnier, la Terre Potard, la Cucque, et la Chartre. Près de Beaujardin, à la Terre-Potard, on découvre des thermes gallo-romains avec hypocauste ou foyer souterrain, et, près de Montbines, au lieu-dit la Tuile (que l'on prononçait Thieule autrefois), un trésor de 54 pièces en bronze d'époque romaine, postérieures au Ier siècle de notre ère, est découvert en 1834.

Quand les Romains sont expulsés de la Gaule au Ve siècle, et après les invasions barbares venues du nord, le Vexin est annexé à la Neustrie depuis Clovis jusqu'à Charles-le-Simple. De l'époque mérovingienne ne subsistent que des sarcophages avec leurs cercueils taillés d'un bloc dans la pierre. On en découvre au XIXe siècle en plusieurs endroits sur le territoire de Boury : au lieu-dit le Plan des Cantiers, aux Jeunes-Plants près du Chesne d'Huy, le long du vieux chemin de Gisors et même, curieusement, à la base de la motte du fort de ville. Sur le côté droit du vieux chemin de Gisors, on découvre en 1785 un sarcophage en pierre contenant les os d'un corps humain très grand ainsi qu'une épée et des étriers d'où le nom de côte du Général.

Vers 630, Dagobert Ier fonde l'abbaye de Saint-Denis et lui confie d'immenses domaines dont le Vexin. Celui-ci est érigé vers 750 en comté ; les comtes du Vexin sont les vassaux et les défenseurs de cette abbaye. Un siècle plus tard, des pirates scandinaves, les Normands, apparaissent sur les côtes de France et ne tardent pas à remonter fleuves et rivières. En 846, le roi Charles II le Chauve réunit au château de Neaufles-Saint-Martin les Grands du royaume pour définir les lieux où pourraient être dressées des défenses contre les Normands et les empêcher de remonter la Seine. En 877, il signe l'édit de Pîtres, qui ordonne à tout propriétaire d'un domaine d'une certaine importance, de construire une défense et de réunir autour de lui quelques hommes d'armes prêts à intervenir contre les attaques des Vikings. C'est l'origine de la Maison Forte de Boury et c'est à partir de ce moment que le village commence à prendre quelque importance.

En 911 et 946, le roi de France traite avec les Vikings et concède au chef normand, Rollon, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, tout le territoire entre l'Epte et la mer. Le Vexin est alors partagé en deux : Vexin normand à l'ouest, qui deviendra le duché de Normandie, et Vexin français à l'est, possession du roi de France. Cette partition engendrera plusieurs siècles de guerres entre les deux voisins. Ainsi, Boury devient un poste avancé du Vexin français et est fortifié de bonne heure comme Trie-Château et Courcelles-lès-Gisors, antérieurement à Gisors dont le château ne sera construit qu'après 1097.

Les origines du nom

Le nom de la localité est attesté sous les formes molendinum de Buriaco (vers 1090) ; Eustachius de Burricio (1104) ; Burricium (1104) ; de Borrito (1135) ; de Burricio (1140) ; ecclesiam de Borriz (1151) ; Radulfus de Burri (1160) ; Burricum (vers 1170) ; atque Buriz (XIIe) ; de borriz (vers 1180) ; de Burris (1198) ; Willelmus de Borris (1189) ; Burriz (1198) ; Johannes de Borriaco (1191) ; Johannis de Borris (1230) ; Guillelmus de Borry (vers 1200) ; Galbertus de Burriz (XIIe) ; Borriz (1230) ; Bourris (1231) ; Bourri (1235) ; Bouri (1235) ; Johannes miles de Borriz dictus crucesignatus (vers 1239) ; Bourriz (1242) ; ecclesia de Borriz (1242) ; Guillelmus miles dnus Burricii (1242) ; Borriacum (1263) ; in granchia heredum de Bourris (1266) ; prior de bourris (1337) ; dominus de Bourriaci (1271) ; Bouris (1529) ; la parroisse de Bourriz (1343) ;

Un patrimoine à découvrir

Boury-en-Vexin compte deux monuments historiques sur son territoire :

Château de Boury, RD 6 (classé monument historique en 1931, y compris la chapelle, l'orangerie, l'écurie, la buanderie, le colombier, une fontaine, l'abreuvoir et le parc). Ce château construit sur les plans de Jules Hardouin-Mansart pour Guillaume Aubourg, baron de Boury de 1685 à 1689 est un harmonieux exemple architectural de l'apogée du XVIIe siècle, constitué d'un corps de logis rectangulaire de cinq travées, flanqué de deux pavillons de deux travées et comporte deux étages ainsi qu'un étage de comble coiffé d'une toiture à forte pente. L'ornementation est due au sculpteur Michel Poissant, de Gisors, qui collabora à Versailles, et est l'auteur de cinq mascarons sur la façade ouest représentant, avec Jupiter au centre et les quatre saisons de part et d'autre. Le logis est surmonté d'un fronton triangulaire où sont représentées les armes des Aubourg de Boury, soutenues par deux licornes. Au XVIIIe siècle, un verger et un grand parc arboré, traversé par un petit ru, ainsi que des buis taillés, ornent la cour d'honneur et complètent harmonieusement l'ensemble architectural De chaque côté de la cour d'honneur se trouvent les communs, l'Orangerie et les écuries. A l'intérieur se trouve une magnifique rampe de l'escalier nord réalisée en 1690 par Nicolas Duflos, ferronnier. Un grand tableau, accroché au mur de l'escalier sud, représente une scène de chasse où l'on voit un cerf acculé par une meute de chiens

La commune possède plusieurs sites mégalithiques, dont l'allée couverte de la Bellée.

Des vies liées à la commune

Famille Ferron de La Ferronnays

Louis François Élie Pelletier (1771-1854), général des armées de la République et de l'Empire, né dans la commune.

Aimé Sulpice Victor Pelletier (1772-1813), général des armées de la République et de l'Empire, né dans la commune, mort des suites de ses blessures, reçues sur le champ de bataille de Leipzig ; frère cadet du précédent.

La sculptrice Hélène Bertaux, Mme Léon Bertaux de son nom d'artiste (1825-1909). Elle exposera au Salon de 1873, le plâtre de sa célèbre "Jeune fille au bain ou Sarah la baigneuse" exécuté en partie à Boury et à Paris (d'après une jeune fille du village qui lui avait servi de modèle). Ce plâtre donnera ensuite lieu à une version en marbre, présentée au Salon de 1876. Elle est également la fondatrice et la première présidente de l'Union des femmes peintres et sculpteurs (UFPS) en 1881.

Loulou de La Falaise (1948-2011), mannequin franco-irlandais devenue créatrice de bijoux pour le couturier Yves Saint Laurent, y est décédée.

Le paysage et le village

Boury-en-Vexin, comme son nom l'indique, est un village rural picard du Vexin français de l'Oise, limitrophe des deux départements du Val-d'Oise et de l'Eure, jouxtant au sud Gisors, situé à 33 km au nord-ouest de Pontoise, à 65 km environ au nord-ouest de Paris, à 33 km au sud-ouest de Beauvais et à une cinquantaine au nord-est de Rouen.

Le territoire communal est tangenté à l'est par le tracé de l'ancienne route nationale 15.

La Voie verte de la vallée de l'Epte, qui relie Gisors à Gasny sur 28 km, qui réutilise la plateforme de la ligne de Gisors-Boisgeloup à Pacy-sur-Eure passe le long de l'Epte et permet d'admirer sa vallée, est un tronçon de l'avenue verte London-Paris par Gisors. Le sentier de grande randonnée GR152 passe dans le village.

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